Prendre du recul et de la hauteur…

cc tpuijalon

Chers amis,

en cette fin de mois de juin, après le long enchaînement compliqué d’élections que nous avons vécus depuis les primaires folles lancées après le renoncement de François Hollande, l’élection présidentielle en mode « crash » et les législatives au verdict aussi dur qu’injuste… il est temps de songer à se ressourcer avant de me/nous fixer de nouveaux objectifs.

D’abord prendre du temps avec les miens, tant cette course d’obstacles aura été épuisante… Sur ce point, les primaires sont une machine à fatiguer les militants avant l’heure et à en perdre en route, comme dans un col de montagne du Tour de France, quand leur leader n’impulse plus le rythme…

Ensuite, lire, pour revenir aux sources du socialisme et tenter de comprendre comment nous refonder. Se poser les questions essentielles: cela vaut-il la peine? avons-nous la force et les moyens de rebondir? Pouvons-nous enrayer ce cycle de servitude volontaire, où l’on voit des citoyens renier leur pouvoir, des parlementaires se lier les pieds et les mains? Avons-nous les hommes et les femmes pour incarner les Jaurès du 21ème siècle? Le socialisme est une belle idée. Les socialistes ont concouru aux plus belles conquêtes sociales de ce pays. Mais nous sommes mal en point.

Prendre le temps du recul. Je milite depuis 20 ans au PS, je me suis engagé pendant la campagne de Lionel Jospin, en mai 1997. J’ai plus souvent fait les campagnes des autres que le miennes. J’ai toujours cherché à servir un idéal plus qu’à me servir. Je considère toujours que le Parti Socialiste tire sa force et sa légitimité du fait qu’il est un outil au service des Français les plus vulnérables. Pour le moment, je n’arrive pas à faire tomber la colère, cette saine colère, face au désastre auquel nous sommes arrivés. Nous avions tous les pouvoirs, en 2012, de la Présidence de la République à la majorité des grandes villes de France, en passant par les départements, la quasi totalité des Régions et même la majorité au Sénat. Je ne pardonne pas ces deux phrases sorties d’Un Président ne devrait pas dire ça et attribuées à François Hollande« Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri. » (…) « Il faut liquider le PS pour créer le parti du Progrès ». Je crois aux destins collectifs, aussi je réfute toute idée qu’un homme seul, fût-il Président de la République, tranche notre avenir comme une Pârque en notre nom à tous. Aujourd’hui, nous sommes assis sur un tas de ruines et de cendres encore fumantes, seuls, dans un paysage dévasté, avec le goût amer à la bouche de la trahison de ceux qui ont abandonné leurs convictions pour aller servir un nouveau maître auprès de qui ils sont prêts à tous les accommodements.
Cela donne la pire des images de la nature humaine que de voir des députés, des conseillers ministériels, des anciens (premiers) ministres avoir porté des mesures de progrès social comme la généralisation du Tiers-payant, le compte pénibilité, et être prêts, aujourd’hui, avec la même ardeur, à voter leur suppression…

Dans ce moment, où le populisme, la politique par acclamation supplantent les idées et parfois la raison, je vais prendre le temps du recul et de la réflexion. Je vais assumer mon mandat de Conseiller municipal et de territoire, mais réfléchir au reste, sans a priori, sans barrières. Je ne veux pas tomber dans l’aigreur, l’esprit de revanche (qui a trop animé la génération post 2002), je veux construire, proposer, innover et rester un homme libre. Alors, je vais prendre le temps de la réflexion.

Merci encore à celles et ceux qui ont été à mes côtés dans cette campagne.

Amitiés et bon été.

Thomas Puijalon

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