Réflexions d’été 5: l’infantilisme politique tue la démocratie à petit feu

Nous sommes dans une période où ne se dégage aucun leader. François Hollande a passé 5 ans à tuer toutes les têtes qui pouvaient dépasser au sein du PS pour achever la concurrence interne au cas où il serait en difficulté.

Résultat, les égos bouillonnent. Et l’infantilisme politique prend alors son essor. L’infantilisme politique c’est cette pratique qui consiste à croire que l’on est seul à même de pouvoir opérer le rassemblement des socialistes et de la gauche et que l’on porte seul les vraies valeurs et la vérité révélée du socialisme.

Au fond, dans ce moment de chaos chacun croit pouvoir tirer son épingle du jeu en marchant sur les autres et en proclamant sa suprématie.

Nous sommes dans ce moment délétère où les politiques, frustrés, impatients, n’acceptent plus d’être minoritaire. On l’a vu avec ceux qui sont partis soutenir Macron, c’est vrai aussi de ceux qui pensent que leur fontaine sera plus pure à la gauche du PS. 

Quand on n’accepte pas d’être minoritaire, cela revient à nier la démocratie. Aujourd’hui, tous ceux qui sont dans le spectre politique ne pensent qu’à se placer eux-mêmes en première ligne, ils n’acceptent plus de perdre, chacun veut gagner. Alors on quitte les partis, on crée son mouvement, on piétine les règles que l’on a signées ensemble en croyant que les Français finiront bien par arbitrer…

En démocratie, si l’on ne produit pas de consensus, il y a le pluralisme et le pluralisme se tranche par un vote, ce qui suppose qu’il y ait des gagnants et des perdants. Nier cela c’est quitter le champ de la démocratie. On ne dirige pas un pays avec une myriade de petits chefs autoproclamés régnant sur un pré.

Je crois de plus en plus qu’il est urgent de repartir de la page blanche. Repartir de la page blanche, c’est sortir du jeu tous les caciques qui ont gouverné ou tenté d’y parvenir, rayer les motions existantes et repartir de zéro.

Pour ma part je deviens adepte d’une chose : prendre le temps et aller au fond des choses. Cela passe par poser des questions et ne pas y répondre maintenant, mais se laisser les trois ans qui s’offriront à la future direction du Parti socialiste pour y répondre, en calant à présent la méthode de travail pour recoller à la société et partir du vécu des Français. 

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