Soyons les Jaurès du 21ème siècle!

Soyons les Jaurès du 21ème siècle !

Lors de l’élection présidentielle et des élections législatives de 2017, le Parti Socialiste a subi le plus fort désaveu électoral de toute son histoire. Le Parti socialiste est-il mort ? Peut-être. L’idéal du socialisme défini par Jaurès de fonder une « République sociale », lui, doit vivre.

Il doit vivre, parce que nous ne sommes pas arrivés à la fin du chemin de l’Egalité. Cette élection montre le triomphe des catégories sociales aisées sur les classes moyennes et les catégories populaires.

Alors il faut refonder. Et refonder passe par deux axes, une méthode et une vision : l’Europe, l’ancrage dans le mouvement social, la démocratie collaborative et une vision de la France dans la révolution numérique.

Europe, défendre la question sociale avec nos partis frères 

L’Europe apparaît comme la seule voie pour faire avancer la République sociale de Jaurès. En effet, le constat est sans appel :partout, les socialistes et les socio-démocrates ont subi ces dernières années de lourdes défaites, à commencer par les élections au Parlement européen. Or, dans le même temps, l’Europe n’est pas aujourd’hui un objet politique, mais elle resteun objet économique qui pose ses conditions au monde politique. Il suffit de lire les « recommandations du Conseil » adressées à la France pour 20171pour s’en convaincre. Elles poussent à déréguler franchement notre marché du travail.

Aussi, il n’y a pas d’autre moyen pour les socialistes français que de s’allier à d’autres socialistes et socio-démocrates européens pour faire progresser la justice sociale et l’Europe politique. Toutefois, nos cycles électoraux sont rarement concomitants depuis 2001. Il nous faut donc construire un front populaire européen avec un groupe de partis pionniers : PS français, PS belge, SPD, PSOE, Parti démocrate italien… Et définir ensemble une politique sociale commune que nous ferons avancer de manière convergente.

Plutôt que de nous lamenter en créant des petits clubs franco-français pour tenter de rassembler des morceaux de gauche disparates, nous devons élargir le champ de notre action en partant de l’Europe. Nous voulons du progrès social ? Alors avançons conjointement avec nos partis frères européens. Comme le disait Jaurès : l’internationalisme finit par ramener à la patrie. C’est ce chemin que nous devons emprunter pour asseoir notre crédibilité : travailler de manière supranationale, voire fédéraliste, avec un groupe pionnier.

S’ancrer dans le mouvement social

Le Parti Socialiste était devenu un parti d’élus ; il n’a plus d’élus. Il faut donc revenir au terrain, au plus près des Français et s’ancrer dans le mouvement social. Ceci suppose de rompre avec la Charte d’Amiens et de rechercher des convergences avec le mouvement social.

Le Parti socialiste s’est sclérosé. Il était un « outil au service des Français », il s’est mis au service de ses cadres. Là aussi, il faut rompre définitivement avec ces habitudes désuètes et nuisibles! Cette refondation doit passer par l’ouverture et la porosité avec le corps social. Il faut faire synapse avec la société. Nous devons nous réformer conjointement et construire des objectifs politiques, économiques et sociaux communs. Ouvrons un dialogue fertile avec les syndicats qui le souhaitent,., au service du progrès social.

Ouvrons plus largement le même dialogue avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire, avec les grandes associations qui structurent notre société, les fédérations sportives, éducatives… N’ayons pas peur de cet enrichissement mutuel qui ne peut être que fécond et porteur d’avenir.

Une méthode : la démocratie collaborative

Nous assistons à un véritable effacement de la démocratie. Les Français doutent de son efficacité, doutent des hommes et des femmes qui y concourent. Le cycle électoral de 2017 aura été marqué par la peur dans l’avenir, la peur du chaos. Ceux qui prétendaient, à l’extrême-gauche comme à l’extrême-droite, incarner une opposition solide et un contre-pouvoir fort se sont dissous, comme un château de sable sous les vagues. De la peur qu’ils ont inspiré, il ne reste que le triomphe de Macron et le désastre des partis de gouvernement désormais en miettes.

Il faut donc résolument changer de méthode. Et préparer nos futures échéances sur le long terme, en donnant la parole aux Français. La verticalité des partis est définitivement dépassée.

Pendant ma campagne législative, je me suis attaché à écouter mes concitoyens, plus qu’à parler. De nos ateliers d’intelligence collective sont sorties des idées neuves, parfois évidentes qui sont de nature à alimenter nos projets.

A l’inverse, au niveau national particulièrement, nous fonctionnions trop en vase clos, dans les grand-messes socialistes, faisant croire que les pourcentages des motions forgeaient des vérités.

Or, nous ne savons pas tout. Nous devons nous remettre en question, écouter ce que sont les Français aujourd’hui, leurs aspirations, ce qu’ils sont prêts à mettre sur la table pour faire avancer le pays. Il est devenu impératif que nous soyons à nouveau en phase avec la force, l’énergie, la vitalité et l’envie de nos territoires.

La République sociale n’existe qu’à travers la démocratie!

Répondre aux défis de la révolution numérique

Cette défaite que nous avons connue signe la fin d’un cycle et augure d’un nouveau qui s’inscrit dans la révolution numérique.

Celle-ci est rapide, violente, universelle, mouvante, inégalitaire et ne se limite pas à nos frontières. Elle remet en cause notre rapport à la santé, à l’Etat, à l’éducation, à la citoyenneté, au travail, à la nature, à la liberté…

Notre devoir est ainsi de définir les enjeux, sans préjugés, et d’y répondre avec une méthode à définir ensemble.

Nous devons collectivement être les Jaurès,de la révolution numérique. Et pour cela, ne pas céder, ne pas abdiquer, ne pas nous soumettre, mais travailler sans relâche à l’amélioration du progrès social au service de l’émancipation de l’humanité.

Pas de lamentations, agissons !

Thomas PUIJALON

1er fédéral adjoint
Candidat aux législatives PS dans les Hauts-de-Seine
Conseiller municipal Issy et conseiller de territoire GPSO

1 http://bit.ly/2s1IVJA

2. consolider les mesures de réduction du coût du travail afin d’optimiser leur efficacité de manière budgétairement neutre et d’accroître leurs effets sur l’emploi et l’investissement; élargir l’assiette globale de l’impôt et poursuivre la mise en oeuvre de la diminution prévue du taux nominal de l’impôt sur les sociétés;

3. améliorer l’accès au marché du travail des demandeurs d’emploi, notamment les travailleurs les moins qualifiés et les personnes issues de l’immigration, y compris en revoyant le système d’enseignement et de formation professionnels; veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité;

4. poursuivre la réduction des charges réglementaires pesant sur les entreprises, y compris en poursuivant le programme de simplification; continuer à lever les barrières à la concurrence dans le secteur des services, y compris dans les services aux entreprises et les professions réglementées; simplifier les programmes de soutien public à l’innovation et en améliorer l’efficience.

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